Illustration des résultats financiers d’Alphabet, Tesla et Intel dans un contexte de forte volatilité boursière

Résultats financiers : Alphabet, Tesla et Intel secouent Wall Street

Cette semaine, les résultats financiers ont repris toute la place sur les marchés.

Alphabet et Tesla ont publié des revenus supérieurs aux attentes, mais leurs titres ont tout de même subi d’importantes baisses. Intel a ensuite dévoilé des résultats nettement meilleurs que prévu, sans parvenir à conserver ses gains après l’ouverture de vendredi.

Le message envoyé par le marché est assez clair : durant cette saison des résultats, il ne suffit plus d’annoncer une forte croissance. Les investisseurs veulent également savoir combien cette croissance coûte, quand les investissements en intelligence artificielle généreront des profits et si les attentes déjà intégrées au cours des titres peuvent réellement être dépassées.

Les inquiétudes entourant les dépenses en IA ont lourdement pesé sur les marchés jeudi. Le Nasdaq a chuté de 2,2 %, le S&P 500 de 1,2 % et le Dow Jones d’environ 1 %. La remontée du pétrole au-dessus de 100 dollars, les tensions au Moyen-Orient et la hausse des taux obligataires ont ajouté à la nervosité.

Alphabet : des résultats spectaculaires, mais une facture encore plus impressionnante

À première vue, les résultats d’Alphabet semblaient exceptionnels.

Les revenus ont atteint 119,8 milliards de dollars, une progression de 24 %. Les revenus de Google Search ont augmenté de 17 %, ceux de YouTube de 13 % et ceux de Google Cloud ont bondi de 82 %, à 24,8 milliards.

Le bénéfice d’exploitation a progressé de 30 % et la marge d’exploitation est passée de 32 % à 34 %. Il est donc difficile de parler de mauvais résultats.

Le bénéfice net a même presque quadruplé pour atteindre 112,2 milliards de dollars, ou 9,11 dollars par action. Il faut toutefois apporter une nuance très importante : Alphabet a comptabilisé un gain net de 98 milliards provenant principalement de la hausse de valeur de ses placements en actions, notamment sa participation dans SpaceX.

Ce gain est bien réel sur le plan comptable, mais il demeure en grande partie non réalisé. Il ne provient pas directement des activités de Google et pourrait fluctuer considérablement d’un trimestre à l’autre.

Ce qui a surtout inquiété les investisseurs est l’ampleur des dépenses.

Alphabet a consacré 44,9 milliards de dollars à ses immobilisations durant le trimestre, soit pratiquement le double de l’an dernier. Malgré des flux de trésorerie d’exploitation de 39,1 milliards, ces dépenses ont fait basculer les flux de trésorerie disponibles à moins 5,9 milliards.

Il s’agissait du premier trimestre de flux de trésorerie disponibles négatifs de l’histoire boursière d’Alphabet.

L’entreprise prévoit maintenant investir entre 195 et 205 milliards de dollars cette année afin de développer ses centres de données, ses puces et ses infrastructures en intelligence artificielle. Elle a également émis de nouvelles actions et augmenté son endettement pour financer cette expansion.

Le marché ne remet donc pas nécessairement en question la croissance de Google ou la qualité de ses technologies. Il cherche plutôt à savoir combien de temps il faudra avant que ces dépenses colossales se transforment en revenus et en flux de trésorerie suffisants.

Le titre a chuté de 7,1 % jeudi, malgré une croissance impressionnante des revenus et des bénéfices opérationnels.

Tesla : des ventes en hausse, mais une rentabilité sous pression

Tesla a également publié des revenus supérieurs aux attentes.

Les revenus trimestriels ont atteint 28,24 milliards de dollars, une progression de 26 %. L’entreprise a livré un nombre record de 480 126 véhicules et ses activités de stockage d’énergie ont continué de progresser.

Malgré cette croissance, le bénéfice ajusté s’est limité à 33 cents par action, alors que les analystes prévoyaient en moyenne 51 cents.

La marge brute automobile, excluant les crédits réglementaires, est tombée à 16,3 %. Les prix de vente moyens ont diminué et les revenus provenant des crédits réglementaires ont chuté d’environ deux tiers.

Tesla vend donc davantage de véhicules, mais réalise moins de profits sur chacun d’eux.

Comme Alphabet, Tesla investit aussi massivement dans l’intelligence artificielle. Les dépenses en immobilisations ont plus que doublé pour atteindre 5,8 milliards de dollars durant le trimestre. Elles ont fait basculer les flux de trésorerie disponibles à moins 1,1 milliard, une première en plus de deux ans.

Tesla prévoit maintenant investir plus de 25 milliards de dollars cette année dans ses puces, ses infrastructures d’IA, la conduite autonome, les robotaxis, ses capacités de production et le robot humanoïde Optimus.

Ces investissements pourraient évidemment créer énormément de valeur à long terme. Le problème est que la valorisation actuelle de Tesla repose déjà en grande partie sur la réussite de ces projets.

Les investisseurs veulent maintenant voir les promesses entourant la conduite autonome, les robotaxis et la robotique se transformer en revenus récurrents et rentables.

Le titre a chuté de plus de 14 % jeudi. Il s’agissait d’un autre exemple démontrant que la croissance des revenus ne suffit pas lorsque les marges diminuent et que les flux de trésorerie se détériorent.

Intel : des résultats largement supérieurs aux attentes

Intel a publié jeudi soir des résultats nettement meilleurs que prévu.

Les revenus ont progressé de 25 % pour atteindre 16,13 milliards de dollars, alors que les analystes prévoyaient 14,42 milliards. Le bénéfice ajusté s’est établi à 42 cents par action, soit le double des 21 cents anticipés.

La croissance a principalement été alimentée par les centres de données. Les revenus de cette division ont bondi de 59 %, à 6,26 milliards de dollars, puisque la multiplication des infrastructures d’intelligence artificielle stimule également la demande pour les processeurs centraux d’Intel.

L’entreprise prévoit maintenant des revenus de 15,8 à 16,8 milliards de dollars au prochain trimestre, comparativement au consensus de 15,1 milliards. Elle prévoit également un bénéfice ajusté de 38 cents par action, contre 27 cents anticipés.

Intel a augmenté son budget d’immobilisations pour 2026 de 18 à 20 milliards de dollars et prévoit une autre hausse importante l’an prochain. La direction affirme que la demande de certains clients dépasse actuellement sa capacité de production.

Le titre a d’abord bondi après la publication et progressait d’environ 6 % avant l’ouverture vendredi. Mais la réaction a complètement changé durant les premières minutes de négociation.

Intel a grimpé jusqu’à environ 106,79 dollars dans les échanges précédant l’ouverture, avant d’effacer complètement ses gains après le début de la séance régulière. Reculant ainsi autour de 96 dollars, une baisse d’environ 4 % par rapport à la clôture précédente au moment d’écrire ces lignes.

Comment un titre peut-il passer aussi rapidement d’une hausse importante à une baisse malgré d’excellents résultats?

Intel avait déjà progressé de plus de 170 % depuis le début de l’année. Après une hausse aussi spectaculaire, certains investisseurs ont probablement profité du rebond initial pour encaisser leurs gains. L’augmentation des dépenses, les attentes toujours élevées envers l’activité de fabrication pour des clients externes et la faiblesse générale du secteur technologique ont également pu peser sur le titre.

Le mouvement anticipé par les options

La réaction d’Intel nous a permet de revenir sur un concept que nous avons abordé cette semaine en séance d’analyse et de négociation en direct : le mouvement anticipé par le marché des options.

Avant la publication, le prix des options indiquait qu’Intel pouvait fluctuer d’environ 11 % dans une direction ou dans l’autre d’ici la fin de la semaine.

Avec un titre qui se négociait autour de 103 dollars, cela représentait approximativement 11 dollars par action et une fourchette théorique allant de 92 à 114 dollars.

Pour estimer ce mouvement, on peut regarder le prix d’un straddle à parité :

  • une option d’achat;
  • une option de vente;
  • le même prix d’exercice, situé près du cours de l’action;
  • et la même échéance.

On additionne ensuite les primes des deux options.

Si l’option d’achat et l’option de vente coûtent ensemble environ 11 dollars, le marché intègre approximativement un mouvement de cette ampleur.

Cela ne signifie pas que les investisseurs prévoient une hausse de 11 % ou une baisse de 11 %. Les options ne nous indiquent pas la direction. Elles nous donnent plutôt une estimation de l’amplitude du mouvement anticipé.

Le comportement d’Intel vendredi est particulièrement intéressant. Le titre a d’abord progressé, puis il a complètement renversé la vapeur. Malgré cette importante volatilité intrajournalière, il est demeuré à l’intérieur de la fourchette approximative de 92 à 114 dollars anticipée avant les résultats.

La fourchette implicite ne constitue toutefois ni une cible de prix ni une garantie. Le titre peut terminer à l’intérieur de cette zone ou la dépasser largement. De plus, un acheteur de straddle doit obtenir un mouvement suffisamment important pour compenser les deux primes payées et la diminution rapide de la valeur temps après la publication.

SpaceX : les vendeurs à découvert remportent leur pari

Je voulais également revenir sur SpaceX, dont nous avions parlé la semaine dernière.

SpaceX avait fixé son prix d’introduction en Bourse à 135 dollars le 11 juin. Quelques jours plus tard, le titre avait atteint un sommet de 225,64 dollars.

Vendredi matin, il évoluait autour de 114 dollars. Il avait donc perdu pratiquement la moitié de sa valeur depuis son sommet et se retrouvait maintenant environ 15 % sous son prix d’introduction.

Cette chute a été extrêmement profitable pour les vendeurs à découvert.

Selon Ortex Technologies, ils accumulaient environ 15,5 milliards de dollars de profits sur papier en date de mardi. Environ 360 millions d’actions, représentant 56 % des actions librement négociables, étaient maintenant prêtées.

Il faut toutefois distinguer les actions prêtées des actions effectivement vendues à découvert. Toutes les actions empruntées ne sont pas nécessairement déjà vendues sur le marché.

Rappelons le fonctionnement : un vendeur à découvert emprunte des actions, les vend immédiatement et espère les racheter plus tard à un prix inférieur. La différence représente son profit.

L’expression « profits sur papier » est importante. Ces gains ne deviennent définitifs que lorsque les vendeurs rachètent les actions et ferment leurs positions. Ils doivent également assumer le coût d’emprunt des titres.

Ce qui est surprenant, c’est que les vendeurs ne semblent pas profiter de la chute pour fermer leurs positions. Ils continuent plutôt à augmenter leurs paris baissiers.

Cette concentration crée maintenant un risque dans les deux directions.

Si le titre poursuit sa baisse, les vendeurs à découvert continueront d’accumuler des profits. Mais si une bonne nouvelle provoque un rebond important, certains pourraient vouloir protéger leurs gains en rachetant rapidement les actions. Ces achats forcés pourraient alors amplifier la hausse et provoquer un short squeeze.

Deux dates seront particulièrement importantes. SpaceX publiera ses premiers résultats comme société publique le 4 août. À compter du 6 août, jusqu’à 911,5 millions d’actions détenues par des employés et certains investisseurs pourraient également devenir admissibles à la vente.

Cela ne signifie pas que toutes ces actions seront vendues. Cette augmentation potentielle de l’offre constitue néanmoins un risque important pour le titre.

La situation est donc fascinante : l’arrivée possible d’une grande quantité d’actions pourrait maintenir une pression baissière, tandis que l’ampleur des positions à découvert pourrait provoquer un rebond très violent à la moindre bonne surprise.

Une semaine qui rappelle l’importance des attentes

Cette semaine nous rappelle que les résultats financiers ne représentent qu’une partie de l’équation. Alphabet, Tesla et Intel ont toutes publié des données encourageantes à certains égards, mais le marché s’est surtout attardé aux dépenses, aux marges, aux flux de trésorerie et aux attentes déjà intégrées au cours des titres.

Le revirement d’Intel illustre également que les options peuvent anticiper l’ampleur d’un mouvement, mais jamais sa direction. Quant à SpaceX, l’importance des positions à découvert pourrait continuer d’amplifier la volatilité, autant à la baisse qu’à la hausse.

Durant la saison des résultats, la réaction du marché est donc souvent plus révélatrice que les chiffres eux-mêmes.

Questions fréquentes sur les résultats financiers et la volatilité boursière

Pourquoi Alphabet a-t-elle chuté malgré de bons résultats?

Alphabet a publié une forte croissance des revenus et de ses activités infonuagiques. Toutefois, ses dépenses en intelligence artificielle ont fait passer ses flux de trésorerie disponibles en territoire négatif. Les investisseurs s’interrogent sur le délai nécessaire avant que ces investissements génèrent un rendement suffisant.

Pourquoi Tesla a-t-elle reculé après ses résultats?

Les revenus ont dépassé les attentes, mais le bénéfice, les marges automobiles et les flux de trésorerie ont déçu. Tesla prévoit également investir plus de 25 milliards de dollars cette année dans l’IA, la robotique et la conduite autonome.

Comment les options permettent-elles d’estimer un mouvement anticipé?

On peut additionner les primes d’une option d’achat et d’une option de vente à parité ayant la même échéance. Le coût total du straddle donne une estimation de l’amplitude du mouvement intégrée au prix des options, sans en prédire la direction.

Qu’est-ce qu’un short squeeze?

Un short squeeze se produit lorsqu’un titre monte rapidement et force les vendeurs à découvert à racheter les actions afin de limiter leurs pertes. Ces achats peuvent accélérer davantage la hausse du titre.

Source :

https://www.streetinsider.com/Market+Check/Wall+St+set+for+higher+open+after+tech+rout%3B+Mideast%2C+tariffs+in+focus/26810171.html

Résultats officiels d’Alphabet

Résultats officiels de Tesla

Intel

https://www.cnbc.com/2026/07/23/intel-intc-earnings-report-q2-2026.html

Investopedia

Premiers résultats et expiration des restrictions de vente

Reuters

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