Montage financier sur la baisse des actions technologiques, avec Netflix, IBM, SpaceX et DeepSeek et les indices américains en recul.

Actions technologiques : pourquoi Netflix, IBM et SpaceX chutent

Après avoir multiplié les records au cours des derniers mois, les actions technologiques subissent une importante vague de ventes ce vendredi 17 juillet. À l’ouverture, le Dow Jones reculait de 0,24 %, le S&P 500 de 1,14 % et le Nasdaq Composite de 1,81 %, alors que les investisseurs remettaient en question une partie de la progression alimentée par l’intelligence artificielle.

Le mouvement ne se limite plus à quelques titres. Les fabricants de semi-conducteurs subissent une nouvelle vague de prises de profits : Nvidia perdait environ 2,5 % avant l’ouverture, Applied Materials et Lam Research reculaient d’environ 4 %, tandis que le fonds iShares Semiconductor ETF abandonnait près de 3 %. L’indice des semi-conducteurs de Philadelphie a maintenant effacé plus de 19 % depuis son sommet de la fin juin et s’achemine vers sa pire semaine depuis mars 2025.

Cela ne signifie pas que l’intelligence artificielle cesse d’intéresser Wall Street. Le marché semble plutôt vouloir distinguer les entreprises qui profiteront réellement des investissements massifs dans les infrastructures de celles dont les résultats pourraient être fragilisés par cette réallocation du capital. Même les bons résultats de TSMC et d’ASML n’ont pas suffi à rassurer les investisseurs. Après une hausse rapide et des valorisations exigeantes, la moindre déception devient une raison de sécuriser les gains.

La semaine n’avait pourtant pas commencé sous le signe de la panique. Une inflation américaine plus faible que prévu et de bons résultats chez plusieurs grandes banques avaient soutenu le S&P 500 et le Nasdaq mardi. Mais au cœur de cette séance positive, IBM a offert un premier avertissement spectaculaire. Quelques jours plus tard, Netflix est venu rappeler la même leçon : lorsqu’un titre est évalué en fonction d’une croissance presque parfaite, des résultats simplement corrects ne suffisent plus.

Netflix : de bons résultats, mais pas assez bons

Netflix a publié jeudi des résultats trimestriels globalement conformes aux attentes. Son chiffre d’affaires du deuxième trimestre s’est établi à 12,56 milliards de dollars, tandis que le bénéfice dilué par action a atteint 0,80 $. Sur le plan opérationnel, l’entreprise demeure solide. Elle compte plus de 325 millions de membres payants et poursuit le développement de son offre publicitaire, des événements en direct et des jeux vidéo.

Le problème est venu des prévisions. Pour le troisième trimestre, Netflix anticipe un chiffre d’affaires de 12,86 milliards de dollars et un bénéfice par action de 0,82 $, alors que les analystes attendaient respectivement 13 milliards et 0,84 $. L’écart paraît minime, mais il a suffi pour provoquer une baisse de plus de 8 % après la fermeture des marchés jeudi. Vendredi matin, le recul dépassait 10 %, alors que le titre se négociait autour de 66 $.

La réaction montre à quel point les attentes restent élevées. Netflix n’est plus une jeune entreprise pouvant doubler son nombre d’abonnés à répétition. Son service est déjà implanté dans la plupart des grands marchés, et sa croissance future devra venir de plusieurs initiatives encore en développement.

La publicité devrait générer environ 3 milliards de dollars cette année, mais elle demeure une activité relativement jeune. Les événements sportifs en direct peuvent attirer de nouveaux annonceurs, tandis que les jeux vidéo et l’utilisation de l’intelligence artificielle pourraient améliorer l’expérience des utilisateurs. Ces investissements devront toutefois produire des résultats mesurables pour soutenir la valorisation de l’entreprise.

La décision de Netflix de publier ses données sur les heures de visionnement une seule fois par année à compter de janvier 2027 a également retenu l’attention. L’entreprise avait déjà cessé de communiquer ses chiffres trimestriels d’abonnés en 2025. La direction souhaite que les investisseurs se concentrent davantage sur les revenus et les profits, mais lorsque certaines données disparaissent, le marché peut aussi se demander si la croissance devient plus difficile à démontrer.

IBM : l’intelligence artificielle ne profite pas à tous de la même façon

Le cas d’IBM est encore plus brutal. Mardi, l’entreprise a préannoncé des résultats inférieurs aux attentes pour son deuxième trimestre. IBM prévoit un chiffre d’affaires de 17,2 milliards de dollars, contre 17,86 milliards attendus par les analystes, ainsi qu’un bénéfice ajusté par action de 2,93 $, comparativement à 3,02 $. L’action a terminé la séance en baisse de 25,2 %, l’une des pires chutes de son histoire.

La faiblesse ne provenait toutefois pas d’un effondrement général de la demande technologique. Plusieurs clients ont plutôt déplacé une partie de leurs dépenses vers les serveurs, le stockage et la mémoire afin de sécuriser des équipements dont l’offre est limitée et qui pourraient devenir plus coûteux.

Ces achats liés aux infrastructures d’intelligence artificielle se sont faits au détriment des logiciels et de certains produits d’IBM, notamment dans les systèmes centraux. Plusieurs transactions importantes qui devaient être conclues avant la fin du trimestre ont ainsi été reportées.

Voilà le lien important entre IBM et Netflix. Dans les deux cas, l’entreprise demeure profitable, possède une marque forte et continue d’investir pour l’avenir. Mais Wall Street ne juge pas uniquement la qualité d’une entreprise : elle compare surtout ses résultats aux attentes déjà intégrées au cours de l’action.

Chez Netflix, la croissance devient plus mature et laisse moins de place à l’erreur. Chez IBM, la vague d’investissements dans l’intelligence artificielle modifie les priorités budgétaires des clients plus rapidement que prévu. La technologie demeure au centre des dépenses, mais l’argent ne circule pas nécessairement vers les mêmes entreprises ni au même rythme.

Le cas d’IBM démontre donc que la croissance des investissements en intelligence artificielle ne profite pas uniformément à l’ensemble du secteur. Pour acheter davantage de serveurs, de puces et de mémoire, certaines entreprises doivent réduire ou reporter d’autres dépenses technologiques.

SpaceX : l’euphorie d’une entrée en Bourse peut disparaître rapidement

Cette réévaluation touche également les entreprises récemment inscrites en Bourse. SpaceX a fait ses débuts sur le Nasdaq le 12 juin au prix de 135 $ par action. En vendant environ 555,6 millions d’actions, l’entreprise a recueilli approximativement 75 milliards de dollars, réalisant ainsi la plus importante introduction en Bourse de l’histoire.

Quelques jours après ses débuts, l’action avait dépassé 225 $, portée par l’enthousiasme entourant Starlink, Starship et les activités de lancement de l’entreprise. Un peu plus d’un mois plus tard, le portrait est complètement différent.

Jeudi, l’action a clôturé à 131,11 $, sous son prix d’introduction pour la première fois. Vendredi matin, elle reculait encore de plus de 6 % et se négociait autour de 123 $, ce qui représente une baisse d’environ 45 % par rapport à son sommet de juin.

L’interruption d’un essai de Starship en raison d’un problème lors de l’allumage de moteurs a ajouté de la pression vendredi. La faiblesse du titre ne repose toutefois pas uniquement sur cet incident. Elle reflète également le refroidissement général envers les entreprises technologiques très valorisées et les inquiétudes entourant les importantes sommes que SpaceX prévoit investir dans ses projets futurs.

Le passage sous le prix d’introduction ne condamne évidemment pas les perspectives à long terme de SpaceX. Plusieurs grandes entreprises ont connu une période difficile après leur arrivée en Bourse avant de créer beaucoup de valeur. Il rappelle toutefois qu’une histoire exceptionnelle ne garantit pas une progression linéaire du titre.

Une fois l’enthousiasme initial dissipé, les investisseurs recommencent à analyser les revenus, les besoins de financement, les risques d’exécution et la valorisation. Même les entreprises les plus populaires doivent éventuellement démontrer que leurs ambitions peuvent se transformer en profits.

DeepSeek veut à son tour affronter les marchés publics

Pendant que SpaceX découvre les exigences de la vie en Bourse, DeepSeek prépare possiblement son propre passage vers les marchés publics. L’entreprise chinoise d’intelligence artificielle aurait commencé à travailler avec des comptables et des banques en vue d’un dépôt de prospectus en Chine continentale dès la fin de 2026.

Cette étape pourrait permettre à DeepSeek de faire son entrée en Bourse en 2027. Le calendrier demeure toutefois incertain et dépendra notamment de l’état des marchés, de la performance de l’entreprise et de l’avancement de ses états financiers.

DeepSeek chercherait également à obtenir du financement privé supplémentaire avant son inscription en Bourse, sur la base d’une valorisation qui pourrait atteindre environ 74 milliards de dollars. Une autre estimation rendue publique cette semaine, à partir de la participation indirecte d’un investisseur, évaluait plutôt l’entreprise à près de 52 milliards. Cette différence illustre à quel point la valorisation de DeepSeek demeure encore en évolution.

La société s’est fait connaître grâce à ses modèles d’intelligence artificielle performants et relativement économiques, qui ont remis en question l’idée selon laquelle seuls les groupes américains possédant les ressources informatiques les plus importantes peuvent rivaliser au plus haut niveau.

Une éventuelle entrée en Bourse de DeepSeek représenterait une étape importante pour le secteur technologique chinois. Elle donnerait aux investisseurs une nouvelle façon de participer directement à la course mondiale à l’intelligence artificielle.

Elle viendrait aussi avec des risques considérables : forte concurrence, dépenses élevées en recherche et en capacité informatique, restrictions américaines sur les semi-conducteurs avancés, règles propres aux marchés chinois et incertitude entourant le rythme de commercialisation des produits.

L’expérience récente de SpaceX constitue ainsi un rappel utile. Une introduction en Bourse peut attirer énormément de capitaux et créer une valorisation impressionnante, mais elle expose aussi immédiatement l’entreprise au jugement quotidien du marché. DeepSeek pourra présenter une vision ambitieuse; les investisseurs voudront rapidement voir comment cette vision se transforme en revenus, en marges et en avantages durables.

Une semaine qui ramène les investisseurs aux fondamentaux

Netflix, IBM, SpaceX et DeepSeek évoluent dans des secteurs différents, mais racontent cette semaine une histoire semblable. Le marché continue de croire au potentiel de la technologie, de l’intelligence artificielle et des infrastructures qui les soutiennent. Il devient toutefois beaucoup plus exigeant sur le prix payé pour cette croissance.

Après une progression rapide, les investisseurs ne récompensent plus automatiquement les promesses. Ils examinent la qualité des prévisions, la provenance des revenus, les dépenses nécessaires et la capacité des entreprises à transformer leurs innovations en profits.

Une prévision légèrement inférieure aux attentes peut coûter plus de 10 % à Netflix. Une réallocation inattendue des budgets technologiques peut retrancher 25 % à IBM. Même une entreprise aussi populaire que SpaceX peut retomber sous son prix d’introduction en quelques semaines.

La volatilité actuelle ne marque pas nécessairement la fin de la tendance technologique. Elle montre plutôt que le marché commence à faire le tri. Dans un environnement où beaucoup de bonnes nouvelles sont déjà intégrées aux cours, la discipline redevient essentielle : une excellente entreprise peut constituer un mauvais achat si son prix suppose déjà un avenir parfait.

Foire aux questions – Netflix, IBM, SpaceX et DeepSeek

Pourquoi les marchés boursiers sont-ils en baisse ce vendredi?

Les marchés reculent principalement en raison de la faiblesse du secteur technologique. Après plusieurs mois de forte progression, les investisseurs prennent leurs profits et réévaluent les valorisations élevées de certaines entreprises liées à l’intelligence artificielle. Les prévisions décevantes de Netflix ont également accentué la pression sur le Nasdaq.

Pourquoi les actions de Netflix ont-elles fortement chuté?

Netflix a publié des résultats trimestriels globalement conformes aux attentes, mais ses prévisions pour le troisième trimestre étaient légèrement inférieures aux estimations de Wall Street. Dans un contexte où les attentes envers l’entreprise sont très élevées, ce léger écart a suffi pour provoquer une forte baisse du titre.

Netflix est-elle toujours une entreprise en croissance?

Oui, mais son rythme de croissance devient plus mature. Netflix cherche maintenant à augmenter ses revenus grâce à la publicité, aux événements sportifs en direct, aux jeux vidéo et à de nouvelles technologies. Les investisseurs veulent toutefois voir ces initiatives produire des résultats financiers concrets.

Pourquoi l’action d’IBM a-t-elle perdu plus de 25 %?

IBM a préannoncé des revenus et un bénéfice inférieurs aux attentes. Plusieurs clients ont déplacé une partie de leurs dépenses vers les serveurs, le stockage et la mémoire nécessaires aux infrastructures d’intelligence artificielle. Cette réallocation a réduit ou retardé certaines dépenses consacrées aux logiciels et aux systèmes d’IBM.

L’intelligence artificielle profite-t-elle à toutes les entreprises technologiques?

Non. La hausse des investissements en intelligence artificielle avantage surtout les fournisseurs de puces, de mémoire, de centres de données et de serveurs. Elle peut aussi nuire temporairement à d’autres entreprises si leurs clients réduisent certaines dépenses technologiques pour financer leurs infrastructures d’IA.

Pourquoi SpaceX est-elle descendue sous son prix d’introduction en Bourse?

Après un départ très enthousiaste, les investisseurs ont commencé à réévaluer la valorisation de SpaceX, ses besoins importants en capitaux et les risques liés à l’exécution de ses projets. La faiblesse générale du secteur technologique et certains problèmes rencontrés lors des essais de Starship ont également pesé sur le titre.

DeepSeek entrera-t-elle en Bourse dès cette année?

DeepSeek pourrait déposer les documents nécessaires à une introduction en Bourse dès la fin de 2026. Son arrivée effective sur les marchés publics serait toutefois plus probable en 2027. Le calendrier dépendra des conditions boursières, de ses résultats financiers et de l’avancement du processus réglementaire.

Quels risques accompagneraient une introduction en Bourse de DeepSeek?

Les principaux risques comprennent la forte concurrence dans le secteur de l’intelligence artificielle, les dépenses élevées en recherche et en infrastructures, les restrictions sur l’accès aux semi-conducteurs avancés ainsi que les incertitudes réglementaires entourant les entreprises technologiques chinoises.

Est-ce la fin de la progression des actions technologiques?

Pas nécessairement. Le marché semble surtout devenir plus sélectif. Les investisseurs continuent de croire au potentiel de la technologie et de l’intelligence artificielle, mais ils exigent désormais davantage de preuves concernant les revenus, les profits et la rentabilité des investissements.

Quelle est la principale leçon à retenir pour les investisseurs?

Une excellente entreprise ne représente pas automatiquement un excellent investissement à n’importe quel prix. Lorsque les attentes sont très élevées, une prévision légèrement décevante peut entraîner une correction importante. La qualité de l’entreprise doit donc toujours être évaluée en fonction de sa valorisation.

Source :

https://www.streetinsider.com/Market+Check/Wall+St+set+to+open+lower+as+chip+rout+extends%3B+Netflix+slides/26781300.html

https://www.streetinsider.com/General+News/Netflix+earnings+forecast+disappoints+Wall+Street%2C+shares+tumble/26779585.html

https://finance.yahoo.com/markets/stocks/article/ibm-stock-closes-down-more-than-25-after-preannounced-earnings-results-150605880.html

https://ca.finance.yahoo.com/news/china-ai-leader-deepseek-file-144810404.html

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