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Récapitulatif boursier hebdomadaire : Fed sous pression, banques testées, l’IA accélère, le pétrole décroche

La semaine boursière qui s’achève aura été marquée par une succession d’événements révélateurs des tensions profondes qui traversent actuellement les marchés financiers. Dès les premiers jours, les investisseurs ont dû composer avec un climat politique explosif à Washington, des signaux contradictoires sur l’économie américaine, une saison des résultats bancaires globalement solide mais mal accueillie, un nouveau record pour le géant des semi-conducteurs TSMC porté par l’intelligence artificielle, et enfin un brusque retournement des prix du pétrole.

Récapitulatif boursier hebdomadaire chronologique sur une semaine où les marchés ont dû arbitrer entre bruit politique, réalité économique et tendances structurelles de long terme.


Début de semaine : la Fed prise dans la tourmente politique

La semaine s’est ouverte sur une onde de choc institutionnelle rare aux États-Unis. En fin de semaine précédente, le président Donald Trump a ravivé son conflit de longue date avec la Réserve fédérale, cette fois à un niveau sans précédent.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a révélé que le Département de la Justice avait transmis des subpoenas à la Réserve fédérale, évoquant la possibilité d’une mise en accusation criminelle liée à un témoignage de Powell devant le Sénat, concernant la rénovation d’un bâtiment de la Fed. Selon Powell, cette démarche n’est qu’un prétexte politique visant à exercer une pression directe sur la politique monétaire.

Dans un communiqué exceptionnellement ferme, Powell a dénoncé une tentative d’intimidation destinée à influencer les décisions de taux d’intérêt. Le message est clair : derrière l’argument budgétaire se cache une volonté de contraindre la Fed à baisser ses taux plus rapidement, conformément aux souhaits de la Maison-Blanche.

Cette escalade a immédiatement soulevé des inquiétudes quant à l’indépendance de la banque centrale, un pilier fondamental de la crédibilité du système financier américain. Même au sein du camp républicain, des voix se sont élevées, notamment celle du sénateur Thom Tillis, membre du comité bancaire du Sénat, qui a déclaré que cette affaire portait atteinte à la crédibilité du Département de la Justice.

Sur les marchés, la réaction a été mesurée mais tangible : le dollar s’est affaibli et les contrats à terme sur indices boursiers ont reculé. Toutefois, les marchés de taux ont conservé leurs anticipations, continuant d’intégrer deux baisses de taux potentielles en 2026, signe que les investisseurs font encore confiance au cadre institutionnel… pour l’instant.


Une déclaration qui secoue les banques : plafonner les taux des cartes de crédit?

Comme si le climat politique n’était pas déjà suffisamment chargé, une autre déclaration présidentielle est venue ajouter une couche d’incertitude, cette fois directement sur le secteur financier.

Durant le week-end, Donald Trump a évoqué l’idée d’un plafonnement temporaire à 10 % des taux d’intérêt sur les cartes de crédit, dénonçant des taux jugés excessifs, souvent compris entre 20 % et 30 %. Les modalités concrètes de cette mesure restent floues, tout comme sa faisabilité juridique.

La réaction du marché, elle, a été immédiate. Dès lundi, les valeurs financières ont lourdement chuté. Les établissements les plus exposés au crédit à la consommation ont été particulièrement touchés, à commencer par Capital One et Synchrony Financial. Même les géants bancaires plus diversifiés, comme JPMorgan Chase, Bank of America ou Wells Fargo, ont reculé.

Ce mouvement illustre une crainte bien précise : une intervention politique directe dans la tarification du crédit pourrait comprimer durablement les marges des banques, à un moment où celles-ci bénéficient justement d’un environnement de taux encore relativement élevé.


Saison des résultats bancaires : solides fondamentaux, réaction mitigée

C’est dans ce contexte tendu que s’est ouverte la saison des résultats des grandes banques américaines, traditionnel baromètre de la santé économique.

Sur le plan des chiffres, le constat est sans équivoque : les grandes institutions financières affichent des profits élevés, une bonne résistance de l’activité de crédit et une solidité bilancielle appréciable. Collectivement, JPMorgan, Bank of America, Citigroup et Wells Fargo ont généré plus de 123 milliards de dollars de profits sur l’année.

Pourtant, le marché est resté sceptique.

Bank of America et Wells Fargo ont publié des résultats trimestriels en hausse, portés par l’amélioration des marges d’intérêt et une activité de marché correcte. Mais les titres ont chuté, les investisseurs se montrant exigeants dans un environnement où la moindre déception est sanctionnée.

Citigroup a particulièrement souffert, avec une baisse de ses profits, notamment en raison d’une charge liée à la cession de ses activités en Russie. Malgré une forte progression de ses revenus en banque d’investissement, le titre a reculé nettement.

Ce décalage entre bons résultats comptables et réaction négative du marché reflète une inquiétude plus large : les investisseurs se demandent si les profits actuels représentent un sommet cyclique, à l’approche d’un éventuel assouplissement monétaire et dans un contexte politique de plus en plus imprévisible.


Goldman Sachs et Morgan Stanley : les marchés financiers en sauveur

Au milieu de cette morosité relative, deux établissements ont toutefois réussi à tirer leur épingle du jeu : Goldman Sachs et Morgan Stanley.

Goldman Sachs a surpris positivement avec une hausse de 17 % de son bénéfice par action, portée par un rebond marqué de ses activités de banque d’investissement et de trading actions. Malgré un léger recul du chiffre d’affaires global, la qualité des revenus et la discipline des coûts ont été saluées. Le titre a atteint de nouveaux sommets, soutenu également par une hausse du dividende.

Morgan Stanley, de son côté, a livré une performance impressionnante. Les revenus ont progressé de plus de 10 %, avec une forte dynamique en gestion de patrimoine, un segment de plus en plus stratégique et récurrent. La banque a également réduit drastiquement ses provisions pour pertes sur crédit, signe d’une confiance accrue dans la qualité de ses actifs.

Ces résultats rappellent une réalité essentielle : les banques exposées aux marchés financiers et à la gestion d’actifs bénéficient encore d’un environnement favorable, malgré l’incertitude macroéconomique.


TSMC : l’intelligence artificielle continue de dicter le tempo

En milieu de semaine, l’attention des investisseurs s’est déplacée vers le secteur technologique, avec la publication des résultats de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company.

Le géant taïwanais des semi-conducteurs a livré un nouveau trimestre record, avec une hausse de 35 % de son bénéfice net sur un an. La croissance est portée sans surprise par la demande explosive en puces destinées à l’intelligence artificielle.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 77 % des revenus proviennent désormais de puces avancées de 7 nanomètres ou moins. Les applications liées à l’IA, aux centres de données et aux serveurs représentent la majorité des ventes.

Au-delà des résultats passés, ce sont surtout les perspectives qui ont impressionné. TSMC anticipe une croissance annuelle de près de 40 % de ses revenus au prochain trimestre et prévoit des investissements massifs, avec des dépenses en capital pouvant atteindre 56 milliards de dollars en 2026.

Cette publication confirme une tendance de fond : malgré les cycles économiques, l’IA demeure un moteur structurel puissant, capable de soutenir la croissance des leaders technologiques indépendamment des turbulences macroéconomiques à court terme.

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Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSM : NYSE), source TradingView.


Fin de semaine : le pétrole retombe, la prime géopolitique s’effrite

Enfin, la semaine s’est conclue par un retournement notable sur le marché de l’énergie. Après avoir progressé de plus de 10 % en cinq séances, les prix du pétrole ont brusquement chuté.

Le recul s’explique par un apaisement relatif des tensions géopolitiques autour de l’Iran, après des déclarations de Donald Trump suggérant une approche plus mesurée et l’absence de plan immédiat d’escalade militaire.

Le baril de Brent est retombé autour de 64 $, tandis que le WTI est repassé sous les 60 $. Ce mouvement illustre la nature hautement spéculative des récentes hausses, largement alimentées par une prime de risque géopolitique plutôt que par des fondamentaux d’offre et de demande.


Conclusion : entre bruit politique et tendances de fond

Cette semaine aura été un condensé de ce que vivent les marchés en ce début de 2026. D’un côté, un bruit politique intense, susceptible de provoquer des accès de volatilité soudains. De l’autre, des fondamentaux économiques globalement solides, mais soumis à des attentes élevées et à une forte sélectivité sectorielle.

La leçon principale pour les investisseurs? Plus que jamais, il devient crucial de distinguer le court terme émotionnel du long terme structurel. Les tensions autour de la Fed ou les déclarations politiques peuvent secouer les marchés sur quelques séances. Mais les grandes tendances — intelligence artificielle, solidité du système bancaire, transition énergétique — continuent de dessiner les opportunités de fond.

Comme souvent, la volatilité crée du bruit… mais aussi des points d’entrée pour ceux qui gardent une lecture disciplinée des marchés.

Source :

https://www.reuters.com/business/finance/feds-powell-says-administration-has-threatened-criminal-indictment-over-his-2026-01-12

https://www.investopedia.com/big-bank-stocks-tumbled-after-trump-said-this-update-11883341

https://www.investing.com/news/economy-news/trump-on-powell-tsmc-profit-more-bank-results-ahead–whats-moving-markets-4448811

https://ca.investing.com/news/stock-market-news/tsmc-stock-target-raised-at-morgan-stanley-on-margins-strength-4406115

https://www.cnbc.com/2026/01/15/tsmc-q4-profit-record-ai-chip-demand-nt1-trillion.html

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