Faits saillants
Les marchés boursiers cette semaine rouvrent dans un climat de nervosité marqué par la pression sur les actions technologiques, les interrogations entourant les investissements massifs en intelligence artificielle et une volatilité extrême dans le secteur des terres rares. Après deux séances consécutives de repli sur le Nasdaq, les investisseurs cherchent à comprendre si le marché traverse une simple phase de digestion… ou un changement plus structurel.
Pourquoi Wall Street ouvre dans un climat de nervosité?
L’ouverture de Wall Street se fait sous le signe de la prudence. Les contrats à terme sur les principaux indices américains ont pointé vers une ouverture hésitante, illustrant l’incertitude qui domine actuellement les marchés financiers.
Après deux journées de pertes alimentées par le secteur technologique, le Dow Jones a mieux résisté, demeurant près de ses sommets historiques, tandis que le S&P 500 et surtout le Nasdaq ont continué de subir des pressions. Cette divergence est révélatrice d’une rotation sectorielle bien engagée : les investisseurs réduisent leur exposition aux titres technologiques coûteux pour se repositionner vers des segments perçus comme plus défensifs ou mieux valorisés.
La fin de la paralysie partielle du gouvernement américain contribue également à ce climat d’attente. Plusieurs données économiques importantes ont été retardées, dont le rapport sur l’emploi et les statistiques JOLTS, ce qui prive temporairement les marchés de repères macroéconomiques clairs. En l’absence de ces données, ce sont les résultats d’entreprises et les annonces stratégiques qui dictent l’humeur des investisseurs.
Les investissements massifs en intelligence artificielle inquiètent-ils les marchés?
La question de l’intelligence artificielle demeure au cœur des préoccupations. Le cas de Alphabet est emblématique de cette dynamique.
Le géant technologique a pourtant publié des résultats trimestriels solides, dépassant les attentes en matière de revenus et de bénéfices. L’écosystème publicitaire demeure robuste, YouTube poursuit sa croissance et l’application Gemini a franchi le cap des 750 millions d’utilisateurs actifs mensuels.
Malgré cela, le titre a reculé fortement après l’annonce d’un plan de dépenses en immobilisations estimé entre 175 et 185 milliards de dollars pour l’année en cours, soit près du double des investissements de l’an dernier. Ces sommes colossales sont principalement destinées à soutenir l’expansion des infrastructures liées à l’IA : centres de données, puces spécialisées et capacités cloud.
Pour les investisseurs, le message est clair : l’IA n’est plus un levier de croissance ponctuel, mais un engagement stratégique de long terme, extrêmement capitalistique. Or, le marché se montre de plus en plus exigeant. Il ne suffit plus d’affirmer que l’IA transformera l’économie; les investisseurs veulent désormais savoir quand et comment ces investissements généreront des flux de trésorerie tangibles.
Cette inquiétude se reflète dans l’ensemble du secteur technologique, alors que les valorisations élevées rendent les titres plus vulnérables au moindre doute.
Amazon sous la loupe, la discipline financière en question
Les attentes sont tout aussi élevées pour Amazon, dont les résultats doivent être publiés après la clôture. Les analystes anticipent un trimestre historique, avec des revenus dépassant pour la première fois les 200 milliards de dollars.
La croissance d’Amazon Web Services demeure un pilier central de l’optimisme, portée par la demande accrue pour les solutions cloud et les applications d’IA. Toutefois, le marché observe avec attention la capacité du groupe à concilier expansion technologique et contrôle des coûts.
Les récentes vagues de licenciements et la fermeture de certaines bannières physiques illustrent une volonté de discipline financière, mais elles rappellent aussi que même les géants doivent composer avec les réalités économiques. Là encore, l’IA est perçue comme une opportunité majeure, mais aussi comme un pari coûteux dont la rentabilité immédiate n’est pas garantie.
Pourquoi certaines actions technologiques chutent malgré de bons résultats?
Le repli spectaculaire de Qualcomm en est un exemple frappant. Bien que l’entreprise ait affiché une croissance de ses revenus et de ses bénéfices au dernier trimestre, ses prévisions pour le trimestre en cours ont déçu.
La pénurie persistante de composantes mémoire pèse sur le marché des téléphones intelligents et des ordinateurs portables, entraînant une pression sur la demande à court terme. Le titre a plongé de plus de 10 %, rappelant aux investisseurs que le secteur des semi-conducteurs demeure hautement cyclique.
Ce mouvement met en lumière une réalité souvent occultée en période d’enthousiasme technologique : toutes les entreprises ne bénéficieront pas de la vague de l’IA de manière uniforme. Certaines restent fortement dépendantes de marchés finaux sensibles aux cycles économiques et aux contraintes de chaînes d’approvisionnement.
Bitcoin et actifs spéculatifs : simple correction ou changement de régime?
Dans un environnement marqué par la volatilité, les actifs les plus spéculatifs sont généralement les premiers à être délaissés. Le bitcoin en fournit une illustration claire cette semaine, passant sous le seuil des 70 000 $ pour la première fois depuis novembre 2024.
Depuis son sommet historique d’octobre dernier, la cryptomonnaie a perdu environ 45 % de sa valeur. Cette correction entraîne dans son sillage les sociétés étroitement liées à l’écosystème crypto : plateformes de négociation, entreprises minières et holdings fortement exposées au bitcoin ont toutes subi des replis marqués.
Ce mouvement ne traduit pas nécessairement un rejet durable des actifs numériques, mais plutôt une réduction temporaire de l’appétit pour le risque, dans un contexte où les investisseurs privilégient la préservation du capital.
Matières premières : reflux brutal après des sommets historiques
Les marchés des matières premières n’ont pas été épargnés par cette vague de ventes. L’argent a chuté violemment, tandis que le pétrole a reculé de plus d’un dollar le baril. Ce mouvement s’explique en partie par un apaisement des tensions géopolitiques, notamment après des signaux plus conciliants entre les grandes puissances mondiales.
Un dollar américain plus fort est venu accentuer la pression, rendant les matières premières libellées en dollars plus coûteuses pour les acheteurs étrangers. Après avoir atteint des sommets historiques, l’or, l’argent et le cuivre semblent entrer dans une phase de consolidation.
Terres rares et minéraux critiques : de l’euphorie à la désillusion en 48 heures
Le secteur des terres rares et des minéraux critiques a connu l’une des séquences les plus révélatrices de la semaine.
Mardi, l’annonce du projet Project Vault par l’administration américaine a d’abord été accueillie très favorablement par les marchés. La création d’une réserve stratégique de minéraux critiques, dotée de 12 milliards de dollars, a été perçue comme une reconnaissance officielle du caractère stratégique de ces ressources pour l’économie américaine.
Dans les heures qui ont suivi l’annonce, plusieurs titres liés aux terres rares et aux métaux critiques ont fortement progressé, portés par l’idée d’un soutien étatique durable, d’une sécurisation de la demande et d’un effort clair pour réduire la dépendance envers la Chine.
C’est toutefois le lendemain, mercredi, que le ton a radicalement changé.
La proposition de mettre en place un mécanisme de prix planchers maintenus par des tarifs douaniers ajustables a semé le doute chez les investisseurs. Si l’objectif affiché est de protéger les producteurs occidentaux contre une concurrence chinoise agressive, le marché y a vu une intervention politique directe dans la formation des prix, augmentant considérablement l’incertitude sur la rentabilité future du secteur.
Résultat : une chute brutale et généralisée des actions liées aux terres rares, à l’uranium et aux métaux stratégiques, certaines perdant plus de 10 % en une seule séance. Cette volte-face illustre parfaitement la sensibilité du secteur aux décisions politiques et rappelle que, pour les marchés, l’incertitude réglementaire peut rapidement éclipser une excellente nouvelle stratégique.
Conclusion : un marché en phase de transition
La réouverture des marchés boursiers cette semaine confirme que Wall Street traverse une phase charnière. L’intelligence artificielle, les minéraux critiques et les nouvelles dynamiques géopolitiques redéfinissent les priorités d’investissement, mais elles s’accompagnent d’exigences accrues en matière de rentabilité et de discipline financière.
Les investisseurs ne se contentent plus de récits porteurs ou de promesses technologiques. Ils veulent des preuves concrètes, des flux de trésorerie durables et une visibilité accrue. Dans ce contexte, la volatilité pourrait persister, offrant à la fois des risques importants et des opportunités sélectives pour ceux qui sauront naviguer avec rigueur et discernement.
Foire aux questions (FAQ)
Pourquoi les marchés boursiers sont-ils volatils cette semaine?
Les marchés boursiers sont volatils cette semaine en raison des doutes entourant la rentabilité à court terme des investissements en intelligence artificielle, des valorisations élevées dans le secteur technologique et de l’incertitude macroéconomique.
Les investissements en intelligence artificielle sont-ils négatifs pour les marchés?
Les investissements en intelligence artificielle ne sont pas négatifs à long terme, mais ils peuvent peser sur les marges et les flux de trésorerie à court terme, ce qui inquiète temporairement les investisseurs.
Pourquoi les actions liées aux terres rares chutent-elles malgré le soutien des États-Unis?
Les actions liées aux terres rares chutent car les marchés craignent une intervention politique directe sur les prix, notamment par l’instauration de tarifs et de prix planchers, ce qui complique les prévisions de rentabilité.
Faut-il s’inquiéter de la baisse du bitcoin?
La baisse du bitcoin reflète surtout une réduction de l’appétit pour le risque dans un contexte de volatilité accrue sur les marchés financiers, plutôt qu’un rejet durable des actifs numériques.
Source :
https://www.investopedia.com/5-things-to-know-before-the-stock-market-opens-february-5-2026-11900050
https://finance.yahoo.com/news/trump-launches-12-billion-minerals-120104530.html
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C’est un éclairage apprécié dans un contexte difficile. L’évolution des marchés financiers devient de plus en plus imprévisible dans un monde assujetti à autant de contraintes économiques et géopolitiques.
Merci pour votre commentaire. Dans un contexte aussi incertain sur les plans économique et géopolitique, notre approche chez DayTrader Canada n’est justement pas de prédire l’imprévisible, mais de mettre en place des stratégies de gestion du risque et de protection du capital, afin de mieux naviguer dans ce type d’environnement. Ravi que cet éclairage vous ait été utile.