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Billet Boursier

L’agriculture, le « non-farm payroll » et Air Canada

L’agriculture, le « non-farm payroll » et Air Canada

Un secteur à vendre à découvert pendant la guerre commerciale : l’agriculture

Alors que la guerre commerciale fait rage entre les États-Unis et la Chine, certains secteurs sont plus touchés que d’autres. En effet, l’un des secteurs souffrant le plus de ce conflit commercial est l’agriculture. Ce secteur a été une des cibles les plus récurrentes de la Chine lors de l’escalade des sanctions entre les deux plus grandes forces économiques du globe.

La Chine se retirant officiellement de l’achat de produits agricoles américains fut un coup dur à encaisser pour les producteurs de nos voisins du sud, perdant d’un seul coup l’un de leurs plus gros clients. Cette attaque pourrait avoir des échos jusque dans le PIB des États-Unis, en plus de nuire à un grand nombre de sociétés américaines.

L’une des entreprises atteintes, bien connues des négociants actifs et membres du prestigieux Dow Jones 30 est Caterpillar (NYSE : CAT). Lors de la sortie de ses résultats financiers le 25 juillet dernier, le manufacturier de machinerie lourde a annoncé que les ventes de sa branche « Asie-Pacifique » avaient chuté de 22% par rapport à l’an dernier, principalement en raison de la faiblesse de la demande en Chine. De plus, les revenus et les bénéfices globaux de la société ont manqué aux prévisions en raison de la guerre commerciale qui fait rage entre les États-Unis et la Chine qui diminue autant ses ventes du côté des industriels que du côté des agriculteurs. Finalement, on peut voir dans le graphique ci-dessous que lors d’applications de nouveaux tarifs par M. Trump, le titre chute de manière drastique. Par exemple, le 1er août dernier, lorsque le titre a chuté de 3.71% la journée même et de 9.41% depuis le 1er août, ce qui représente une chute de 7.38% de plus que son indice, le Dow Jones 30 qui a chuté de 2.03% dans la même période de temps.

Source : TradingView

Une autre victime récurrente des représailles chinoises est le soja. En effet, le soja est l’une des plus grandes productions agricoles aux États-Unis. Selon l’EPA, environ 2,8 milliards de boisseaux de soja ont été récoltés sur près de 73 millions d’acres de terres cultivées aux États-Unis en 2010. Ainsi, cette petite plante représente une grande opportunité de transiger un élément central de la guerre des tarifs. De ce fait, l’une des façons de transiger ce produit est le fond négocié en Bourse Teucrium Soybean Fund (ARCA : SOYB), qui est uniquement constitué de contrats à terme sur le soja. De plus, il est également possible de transiger directement les contrats à terme sur le soja, cependant, cela est réservé aux « traders » expérimentés puisque, pour éviter une livraison physique, les titulaires de contrat se doivent de sortir de position avant son expiration.

Selon Pat Westhoff, directeur de l’Institut de recherche sur les politiques alimentaires et agricoles de l’Université du Missouri, la Chine a représenté 5,9 milliards de dollars d’exportations de produits agricoles américains en 2018. Premier acheteur mondial de soja, il a acheté environ 60% des exportations américaines l’année dernière. De septembre 2017 à mai 2018, les exportations de soja en Chine ont totalisé 27,7 millions de tonnes. Ce chiffre a chuté de plus de 70%, passant à 7 millions de tonnes au cours de la même période de neuf mois en 2018 et 2019, selon une analyse de l’Université du Missouri. Westhoff a estimé une baisse supplémentaire de 4 milliards de dollars des exportations de soja après les effets des tarifs douaniers, mais avant la perte totale de la Chine en tant que client. Les tarifs ont également un effet d’entraînement sur les autres cultures, a-t-il déclaré. Avec une demande moindre de soja, les agriculteurs finissent par planter plus de cultures comme le maïs. Cela se traduit par une baisse des prix du maïs, car l’offre est beaucoup plus importante.

Finalement,il est très important de comprendre que, bien que ce secteur soit fortement touché, s’attaquer aux produits agricoles pourrait, à terme, très bien faire diminuer le produit intérieur brut et jouer sur l’emploi, puisque selon le département américain de l’agriculture, l’agriculture et ses industries connexes fournissent 11% de l’emploi américain et représentent l’un des secteurs de base de l’économie.

Pour bien transiger en des périodes de volatilité importante, quelle que soit la raison, il est fondamental de ne pas oublier que toute prise de position peut se retourner contre nous, ainsi, il est fondamental d’avoir un plan de match clair et précis avant même de considérer entrer dans une position.

Comment interpréter le fameux « non-farm payroll »

Il y a quelques semaines, j’ai écrit un billet concernant le fameux « non-farm payroll ». Ainsi, j’expliquais l’importance de la masse salariale des emplois non agricoles pour l’investisseur actif (juste à cliquer ici pour aller le lire). Maintenant, il est important de comprendre comment bien l’interpréter.

Dans un premier temps, avant même que le « non-farm payroll » soit diffusé le vendredi, une autre donnée importante est publiée le mercredi précédent. Il s’agit de l’« ADP Non-Farm Employment Change » ou le rapport mensuel du cabinet de conseil en ressources humaines ADP, une mesure de la variation mensuelle de l’emploi privé non agricole, basée sur les données de paie d’environ 400 000 clients commerciaux américains de la firme ADP. La publication, deux jours avant les données du gouvernement, est un bon prédicateur du rapport du gouvernement sur la masse salariale non agricole.

Lorsque le « non-farm payroll » est rendu public chaque premier vendredi de chaque mois, ce qu’il est important de remarquer est l’écart entre le chiffre attendu et celui annoncé. En effet, le chiffre annoncé a peu d’importance, puisque ce que Wall Street observe est si le chiffre publié est plus bas, égal, ou plus haut que l’estimation des analystes. Ainsi, un chiffre plus bas risque de faire baisser les marchés, alors qu’un chiffre plus haut, les faire monter. De plus, il est important de regarder s’il y a eu des corrections aux données du mois précédent, puisque cela pourrait aussi jouer sur les marchés. De ce fait, le meilleur moyen de voir, sur-le-champ, comment Wall Street a interprété le mouvement est en regardant le prix des contrats à terme sur les différents indices, ainsi que le prix des obligations 10 ans du gouvernement américain. Si jamais les contrats à termes des indices sont à la baisse, souvent les obligations seront à la hausse, alors que si les marchés sont à la hausse, les obligations seront à la baisse. Ce phénomène s’explique par une réaction du capital des investisseurs qui désirent le déplacer vers des valeurs plus ou moins risquées.

Finalement, une petite exception se glisse à l’interprétation du « non farm payroll ». En effet, dans le contexte actuel, où nous sommes dans l’incertitude par rapport à la direction des taux d’intérêt (coupe de taux ou non), un « non farm payroll » plus bas qu’espéré peut faire monter les marchés. Ainsi, tel que mentionné dans le dernier billet sur le « non farm payroll », la Réserve fédérale américaine se base sur ces chiffres pour prendre sa décision si elle augmente, gardera stable, ou diminuera ses taux. De ce fait, un « non farm payroll » plus bas que les attentes pourraient faire monter les marchés dans l’optique où, plus il est sous les attentes, plus la réserve fédérale penchera pour baisser les taux, une action favorable à Wall Street.

En somme, lors de la diffusion de ce type de données par le gouvernement américain il est important d’être prudent, car le résultat du rapport a souvent un très grand impact sur la direction des marchés pour cette journée.

Air Canada rehausse son offre sur Transat

C’est suite à une contre-offre de 14$ de l’action du Groupe Mach qu’Air Canada a décidé de rehausser son offre initiale faite à Air Transat, concernant son acquisition. En effet, dimanche dernier , Air Canada annonçait par voie de communiquer qu’elle haussait son offre de 5$ par action, soit de 200 millions de plus, pour totaliser une valeur de 720 millions de dollars. Cette nouvelle offre à 18$ l’action vient mettre de gros bâtons dans les roues au Groupe Mach, actionnaire dans Transat A.T qui voit son offre balayée par la nouvelle position de son compétiteur.

De plus, Air Canada a également indiqué dimanche soir dernier avoir conclu une convention de blocage et de soutien avec le plus grand actionnaire actuel de Transat, Letko, Brosseau & Associés inc. Ainsi, Letko, Brosseau & Associés inc. s’engagent à bloquer toutes les autres offres, autres que celle de Air Canada.

D’un point de vue graphique, l’action de Transat A.T (TSX :TRX) bouge comme elle l’a rarement fait. Depuis le 30 avril dernier, soit la date de la mise en vente d’Air Transat, le titre de l’avionneur montréalais a gagné un peu plus de 137%, passant de 7.07$ à 16.81$ (voir graphique ci-dessous).

Source : TradingView

En ce qui concerne le négociateur actif, lorsqu’une entreprise en achète une autre, et même idéalement lorsque les deux entreprises sont en pourparlers, il est possible de transiger le titre, soit en options « straddle » ou « strangle », ou même en actions pour une courte période de temps. En effet, lorsqu’une entreprise se fait acheter, cela créer énormément de momentum autour de cette dernière, et beaucoup de volatilité du même coup. En revanche, tel que vu dans le graphique d’Air Transat, il est important de rester prudent, ainsi d’y aller avec de plus petites positions, puisque le titre gagne en volatilité.

Sources :
https://finance.zacks.com/invest-soybeans-7582.html
https://www.fool.com/investing/2018/02/02/top-stocks-in-agriculture.aspx
https://www.cnbc.com/2019/08/06/china-agriculture-us-economy.html
https://www.cnn.com/2019/07/24/investing/caterpillar-earnings-us-china-trade-war/index.html
https://www.suredividend.com/agriculture-stocks/
https://www.ers.usda.gov/data-products/ag-and-food-statistics-charting-the-essentials/ag-and-food-sectors-and-the-economy/#targetText=Agriculture%2C%20food%2C%20and%20related%20industries,about%201%20percent%20of%20GDP.

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