Titres technologiques sous pression avec baisse des semi-conducteurs et rotation vers le secteur de la santé.

Titres technologiques sous pression : rotation sectorielle ou signal d’alerte?

En résumé : les titres technologiques sous pression et les semi-conducteurs ont été durement malmenés cette semaine, pendant que les investisseurs semblent se tourner vers des secteurs plus défensifs, notamment la santé. Les hausses de prix annoncées par Apple, les inquiétudes entourant les coûts liés à l’intelligence artificielle et les nouveaux avertissements de Jeremy Grantham ramènent une question importante : assiste-t-on à une simple rotation sectorielle ou à un avertissement plus sérieux pour les marchés?

Les marchés boursiers nous rappellent cette semaine une réalité que plusieurs investisseurs avaient peut-être un peu oubliée : même les plus grandes tendances haussières finissent par connaître des épisodes de turbulence.

Après plusieurs semaines dominées par l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs, des mégacapitalisations technologiques et des nouveaux titres liés à l’innovation, le ton a changé assez rapidement. Le Nasdaq et le S&P 500 se dirigent vers une semaine difficile, pendant que les titres de puces, qui avaient pourtant été parmi les grands gagnants du trimestre, subissent une pression importante.

Ce n’est pas nécessairement une surprise complète. Lorsque certains titres montent beaucoup, très rapidement, avec des valorisations qui deviennent de plus en plus exigeantes, le marché devient aussi plus sensible à la moindre nouvelle négative. Et cette semaine, les investisseurs ont eu plusieurs raisons de prendre des profits.

Pourquoi les semi-conducteurs reculent-ils cette semaine?

Les semi-conducteurs reculent parce que les investisseurs commencent à remettre en question les valorisations élevées du secteur, malgré la vigueur du thème de l’intelligence artificielle. Après une forte progression, plusieurs titres de puces étaient simplement devenus vulnérables à une prise de profits.

Micron avait pourtant publié de très bons résultats, ce qui avait initialement ramené de l’optimisme sur le thème de l’intelligence artificielle. Mais après une forte hausse, le titre a rapidement redonné une partie de ses gains. Nvidia, AMD, Intel, ASML, TSMC, Applied Materials et Qualcomm ont aussi été entraînés dans le mouvement de recul.

C’est souvent ce qui arrive dans les secteurs très populaires. Même une bonne nouvelle peut parfois devenir une occasion de vendre. Le marché ne réagit pas seulement aux résultats du dernier trimestre. Il se demande surtout si les attentes futures sont devenues trop élevées.

Et dans le cas de l’intelligence artificielle, les attentes sont énormes.

Depuis plusieurs mois, les investisseurs acceptent de payer très cher les sociétés qui profitent directement ou indirectement de la demande en centres de données, en mémoire, en processeurs graphiques et en infrastructures IA. Le raisonnement est simple : si les géants technologiques dépensent des centaines de milliards pour bâtir l’infrastructure de l’intelligence artificielle, alors les fournisseurs de puces devraient continuer d’en bénéficier.

Mais le marché commence maintenant à se poser une autre question : à quel moment ces dépenses massives deviendront-elles un problème plutôt qu’un moteur?

Pourquoi la hausse des prix d’Apple inquiète-t-elle les marchés?

La hausse des prix d’Apple inquiète les marchés parce qu’elle montre que la hausse des coûts de mémoire et de stockage commence à se transmettre aux consommateurs. Pour les investisseurs, ce n’est pas seulement une décision commerciale d’Apple : c’est aussi un signal inflationniste.

Le titre Apple a fortement reculé après que la société eut annoncé des hausses de prix sur certains MacBook et iPad, en raison de la hausse des coûts de mémoire et de stockage. On parle de hausses importantes, parfois de 15 % à 25 % selon les modèles. Le MacBook Air, le MacBook Pro et certains iPad sont maintenant plus chers, alors que l’iPhone demeure inchangé pour l’instant.

Sur papier, Apple pourrait simplement tenter de protéger ses marges. Mais pour les marchés, le signal est plus large.

Si même Apple, avec son pouvoir de négociation, sa chaîne d’approvisionnement et sa force de marque, doit refiler une partie de la hausse des coûts aux consommateurs, cela signifie que l’inflation des composantes technologiques est bien réelle.

Et cette inflation provient directement du boom de l’intelligence artificielle.

Les fabricants de mémoire et de composantes critiques privilégient les clients capables de payer le plus cher, notamment les grands centres de données et les entreprises liées à l’IA. Résultat : les fabricants d’électronique grand public subissent une pression sur leurs coûts.

C’est un peu le retour d’une dynamique que nous avions connue pendant la pandémie, lorsque les problèmes d’approvisionnement en semi-conducteurs avaient créé des hausses de prix, des retards de livraison et beaucoup d’incertitude.

La différence, cette fois-ci, c’est que le choc d’approvisionnement ne vient pas d’un arrêt de production causé par une crise sanitaire. Il vient plutôt d’une demande extrêmement forte pour l’intelligence artificielle.

C’est là que le marché commence à devenir plus sélectif. Les investisseurs ne remettent pas nécessairement en question l’utilité de l’IA. Ils se demandent plutôt si les valorisations tiennent suffisamment compte des risques : coûts plus élevés, besoins de financement plus importants, dépenses en capital massives et délai parfois incertain avant de voir des profits réels à la hauteur des investissements.

Grantham a-t-il raison de parler d’une bulle de l’intelligence artificielle?

Jeremy Grantham met en garde contre une bulle potentielle parce que plusieurs titres liés à l’intelligence artificielle ont connu des hausses spectaculaires. Son avertissement mérite d’être entendu, mais il ne faut pas automatiquement conclure qu’un krach est imminent.

Dans ce contexte, les commentaires de Grantham tombent dans une oreille particulièrement attentive. Grantham, qui est connu pour ses mises en garde sur les grandes bulles financières, a de nouveau sonné l’alarme cette semaine. Selon lui, le marché américain serait dans l’une des plus grandes bulles de son histoire, alimentée notamment par les titres liés à l’intelligence artificielle.

Il évoque même la possibilité que certains grands gagnants du thème IA puissent perdre une très grande partie de leur valeur si la bulle éclate.

Comme toujours avec Grantham, il faut garder une certaine nuance. Il a eu raison lors de grandes périodes de surévaluation, notamment au Japon à la fin des années 1980, avec la bulle technologique de 2000 et avant la crise financière de 2007. Mais il a aussi été très pessimiste à plusieurs reprises au cours des dernières années, alors que les marchés ont continué de monter.

Autrement dit, il ne faut pas ignorer son avertissement, mais il ne faut pas non plus vendre tout son portefeuille simplement parce qu’un investisseur réputé parle de krach.

La bonne lecture, selon moi, est ailleurs.

Ce que Grantham nous rappelle, c’est que les grandes histoires de marché finissent souvent par dépasser les fondamentaux à court terme. L’intelligence artificielle est probablement une révolution réelle. Mais une révolution réelle peut aussi être accompagnée d’excès boursiers.

Internet était une révolution réelle en 1999. Cela n’a pas empêché plusieurs titres technologiques de s’effondrer par la suite.

La question n’est donc pas de savoir si l’IA est utile. La question est de savoir si tous les titres qui montent grâce au thème IA méritent réellement leur valorisation actuelle.

Pourquoi l’argent se déplace-t-il vers le secteur de la santé?

L’argent semble se déplacer vers le secteur de la santé parce que les investisseurs cherchent des titres plus défensifs après la forte progression des titres technologiques. Le FNB (fonds négocié en bourse) XLV illustre bien cette rotation sectorielle.

Pendant que la technologie recule, on observe un autre phénomène intéressant : l’argent semble se déplacer vers des secteurs plus défensifs, particulièrement la santé. Le FNB XLV, qui regroupe de grandes sociétés américaines du secteur de la santé, progressait encore fortement ce matin, autour de 160 $ au moment d’écrire ces lignes, avec une hausse d’environ 2,8 %.

Ce mouvement est important parce qu’il illustre bien la rotation sectorielle en cours. Les investisseurs ne quittent pas nécessairement complètement le marché. Ils sortent plutôt de certains titres devenus très chers pour se repositionner dans des secteurs qui ont moins participé à l’euphorie récente.

Le secteur de la santé a plusieurs caractéristiques qui peuvent redevenir attrayantes dans un marché plus nerveux. Il est généralement moins cyclique que la technologie. La demande pour les soins de santé, les médicaments, les équipements médicaux et les services de santé est moins dépendante du cycle économique.

De plus, certaines grandes sociétés du secteur offrent des profits relativement stables, des dividendes et des valorisations parfois plus raisonnables que celles des grands titres technologiques.

Ce n’est pas une garantie de performance, évidemment. La santé a aussi ses risques : réglementation, pression politique sur les prix des médicaments, résultats cliniques, brevets, concurrence et fusions-acquisitions.

Mais dans une semaine où les investisseurs remettent en question les valorisations de l’IA, il est logique de voir des capitaux se déplacer vers un secteur plus défensif.

S’agit-il d’une simple rotation ou d’un signal d’alerte?

Pour l’instant, il est trop tôt pour conclure à un retournement majeur. Il peut simplement s’agir d’une combinaison de prises de profits, de rééquilibrages de fin de trimestre, d’inquiétudes sur les taux d’intérêt et d’une rotation sectorielle après une forte surperformance de la technologie.

Cela dit, il serait aussi imprudent de banaliser complètement le message du marché.

Lorsque les leaders commencent à reculer, il faut porter attention. Les marchés haussiers solides ont généralement besoin d’une bonne participation. Si la hausse repose sur un nombre trop restreint de titres, surtout dans un seul thème comme l’intelligence artificielle, le risque augmente.

Et lorsque les investisseurs commencent à vendre les gagnants malgré de bonnes nouvelles, cela peut indiquer que beaucoup d’optimisme est déjà inclus dans les prix.

Pour les investisseurs actifs, la priorité n’est donc pas de prédire le prochain krach. La priorité est de gérer le risque.

Cela signifie surveiller les supports importants sur les grands indices, suivre la réaction des titres leaders comme Nvidia, Apple, Microsoft, AMD et Micron, et observer si la faiblesse technologique se propage aux autres secteurs.

Il faudra aussi surveiller la prochaine publication sur l’emploi, les données d’inflation et les attentes concernant la Réserve fédérale. Si le marché recommence à anticiper des hausses de taux, les titres de croissance pourraient rester sous pression.

À l’inverse, si la correction technologique demeure contenue et que d’autres secteurs prennent le relais, le marché pourrait simplement vivre une saine rotation. Dans ce scénario, les titres de santé, certains titres industriels, les financières ou d’autres secteurs moins aimés pourraient continuer d’attirer des capitaux.

Quelle stratégie adopter dans ce marché plus nerveux?

Dans un marché plus nerveux, la discipline devient plus importante que la prédiction. Il ne faut pas nécessairement sortir complètement du marché, mais il faut éviter de courir après les titres trop étirés.

C’est ce qui rend la période actuelle intéressante. Il ne s’agit pas d’un marché complètement baissier. Il s’agit plutôt d’un marché qui devient plus exigeant.

Le marché ne récompense plus automatiquement tout ce qui porte l’étiquette IA. Il commence à distinguer les entreprises qui génèrent déjà des revenus solides de celles qui reposent surtout sur une histoire très prometteuse.

Pour nous, comme investisseurs et traders, c’est souvent dans ces transitions que les meilleures occasions apparaissent. Mais ce sont aussi des périodes où il faut être plus discipliné.

Acheter simplement parce qu’un titre a baissé de 5 %, 10 % ou 15 % n’est pas une stratégie. Il faut identifier les zones techniques, attendre les confirmations, respecter ses stops et éviter de concentrer tout son portefeuille dans le même thème.

La diversification redevient importante lorsque le marché commence à tester la solidité des grandes tendances.

La semaine nous donne donc un message clair : l’intelligence artificielle reste un thème majeur, mais elle n’est pas immunisée contre la réalité des valorisations, des coûts et des taux d’intérêt. Apple vient de montrer que la hausse des prix des composantes peut toucher même les plus grandes entreprises. Les semi-conducteurs montrent que les prises de profits peuvent être rapides. Et la santé montre que le capital cherche déjà des alternatives.

La prochaine étape sera de voir si cette rotation se poursuit ou si la technologie reprend rapidement son leadership.

D’ici là, la meilleure approche demeure la même : rester attentif, ne pas courir après les titres trop étirés, protéger son capital et laisser le marché confirmer la suite. Les grandes tendances créent des occasions, mais elles créent aussi des excès. Et dans un marché dominé par l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle, c’est souvent la discipline qui fait la différence entre participer à la tendance et se faire piéger par elle.

FAQ – Questions fréquentes sur les titres technologiques, les semi-conducteurs, l’IA et la rotation sectorielle

Pourquoi les titres technologiques baissent-ils cette semaine?

Les titres technologiques baissent surtout en raison des prises de profits dans les semi-conducteurs, des inquiétudes sur les coûts liés à l’intelligence artificielle et de la hausse des prix annoncée par Apple sur certains produits.

La hausse des prix d’Apple est-elle un mauvais signal pour le marché?

Oui, dans une certaine mesure. Elle suggère que les coûts de mémoire et de stockage augmentent suffisamment pour être transférés aux consommateurs, ce qui peut alimenter les craintes d’inflation et peser sur les marges.

Le secteur de la santé devient-il plus intéressant?

Le secteur de la santé attire davantage de capitaux parce qu’il est généralement plus défensif que la technologie. Le FNB XLV montre bien cette rotation, mais il faut tout de même analyser les titres individuellement.

Est-ce le début d’un krach boursier?

Il est trop tôt pour parler de krach. Pour l’instant, il s’agit surtout d’une correction dans les titres technologiques et d’une rotation sectorielle. Le comportement des indices et des leaders technologiques au cours des prochains jours sera important à surveiller.

Comment un investisseur actif devrait-il réagir?

Un investisseur actif devrait surveiller les niveaux techniques clés, éviter les achats impulsifs, protéger son capital et rester flexible. Dans ce type de marché, la gestion du risque demeure plus importante que la prédiction.

Source :

https://www.streetinsider.com/Market+Check/S%26P+500%2C+Nasdaq+set+for+sharp+weekly+fall+as+chips+stocks+slide/26694243.html

https://www.streetinsider.com/Investing/U.S.+chip+stocks+retreat+after+Apple+price+hikes+stoke+fears+over+AI+trade/26694630.html

https://seekingalpha.com/news/4607660-sounding-the-ai-alarm-grantham-says-to-flee-us-equities-before-epic-crash

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